ANDRÉE LÉVESQUE, arts visuels

Déjà enfant, c’est par la peinture et le dessin que madame Andrée Lévesque communiquait et exprimait ses émotions et son expérience. Depuis sa formation aux Beaux Arts, elle n’a jamais cédé à l’appel d’une école ou d’un courant artistique, leur préférant plutôt celui, autrement plus exigeant, de l’instinct et de la liberté.  Consciente de ses influences – des éléments de Matisse, quelques éclats fauves, des accents naïfs, des gestes empruntés aux expressionnistes –, elle trace sa propre voie. À contre-courant dans une époque qui célèbre l’éphémère, elle tente d’inscrire l’espace pictural dans une modernité porteuse de sens.  Convaincue qu’une œuvre ne prend vie qu’à partir du moment où elle existe pour quelqu’un, elle a graduellement fait évoluer sa pratique de l’abstrait vers le figuratif. Son intention est de créer dans chaque toile un univers avec lequel les gens peuvent entrer en relation. L’œuvre devient alors le trait d’union – un espace-temps d’échange et de communication – entre le regardeur et l’artiste.  «Ma quête continuelle de ce qui constitue l’essence de mes personnages – leur âme – est le fil conducteur de ma pratique. J’ose les textures et les aspérités, qui amplifient la forme et la courbe. L’ajout d’une troisième dimension me ramène à l’essentiel, et me mène vers une compréhension renouvelée du corps», souligne madame Lévesque.

 
Arrêt du temps
L’exposition «Arrêt du temps » a un titre inspiré de l’artiste Pierre Bonnard, qui décrivait en ces termes l’œuvre d’art. Cette artiste en arts visuels a exploré la sculpture avec l’argile et créé de nouvelles peintures sous le thème - des baigneuses -, le tout accompagné de dessins. L’exposition démontre ainsi l’évolution de son art à travers différents médiums. Ces œuvres sont présentées de manière à occuper tout l’espace d’exposition de la MRC de La Mitis, une première. Dans ce projet, la sculpture dépasse la représentation : elle habite l’espace, elle est mouvement, texture, forme, senti. Elle ramène à l’essentiel. La réappropriation et la réinterprétation d’un thème des plus classiques – les baigneuses – m’a amenée à renouveler l’approche de la sculpteure et sa compréhension du corps féminin. À l’opposé de sa peinture, qui a un côté très lyrique et suggère une narration qui varie en fonction de l’observateur. L’argile dépasse le temps, elle est notre moule originel. C’est dans ce matériau noble que la vie est donnée à douze baigneuses, des femmes différentes, avec leurs caractères, leurs expressions et leurs caractéristiques propres. Le geste s’inscrit de façon durable dans l’argile et conserve son empreinte. Le rendu est brut et pourtant il se fait caresse.Selon Andrée Lévesque, «La sculpture n’est pas qu’un complément à ma pratique de peintre, elle est essentielle à l’ensemble de ma démarche. S’inscrivant en faux avec les standards actuels, mes baigneuses s’exposent dans toute leur plénitude, leurs courbes, leurs rondeurs, leur volupté. Refusant d’en faire des bibelots lisses, j’ose les textures; les aspérités amplifient la forme et la courbe. Mes baigneuses ne posent pas, elles habitent l’espace.» 

 

        

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